Crypte Sainte-Catherine d’Alexandrie / 86 / Montmorillon

En plein cœur de la cité médiévale de Montmorillon – aujourd’hui appelée « cité de l’écrit et des métiers du livre » – l’église Notre-Dame de Montmorillon trône sur un flanc de colline, dominant alors les rives de la Gartempe, qui coule en contrebas. Son église fortifiée renferme une nef couverte de peintures murales géométriques, peintures reprenant le décor d’origine de l’église.

Eglise, vue par le sud, depuis le pont ancien de la ville

Sur le mur de la nef, à gauche, quelques mètres après l’entrée, un tableau représentant l’adoration des rois mages, met en avant le christ éclairé par une lueur qui traverse le tableau. Il est intéressant de voir que les trois rois mages – Balthazar, Melchior et Gaspard – représentent en réalité un triptyque. Que ce soit un rappel du chiffre trois, très présent dans la bible, comme par exemple la sainte Trinité ; ou que ce soit un rappel des trois continents connus de l’époque, ces trois mages manifestent le désir de glorifier la naissance du Christ.

Tableau adoration des rois mages

Plus loin sur la droite cette fois-ci, un vitrail polybé présente un phénomène miraculeux qui s’est déroulé à Montmorillon au XIXe siècle. Un pont sur lequel évolue un cortège, entouré des trois clochers – représentant les trois églises de Montmorillon : la chapelle Saint-Laurent, l’église Notre-Dame et l’église Saint-Martial situé de l’autre côté de la Gartempe. En réalité, c’est un cortège qui magnifie l’intervention de la vierge envers les habitants, qui les auraient sauvés d’une crue au début XIXe siècle. Ainsi cette manifestation a été célébrée jusqu’environ dans les années 1970-1980 par les habitants, où à cette occasion, chaque famille sortait une table devant sa porte de chez lui (dehors) et tendait des draps ou teintures aux fenêtres de leur maison. Puis le cortège allait chercher la Vierge (statue) dans l’église de Notre-Dame, l’habillait, et la transportait durant plusieurs jours au travers des rues de la ville. Si la vierge était posée alors sur votre table devant chez vous, c’était alors un signe de prospérité pour l’année à venir.

Vitrail polybé, miracle de la vierge

Mais ce qui est des plus intéressants dans cet édifice c’est la crypte de l’église. L’entrée se fait par une porte dérobée dans le fond à gauche de l’église, par le bras nord du transept. Ainsi, après une quinzaine de marches descendues et quelques degrés perdus avec l’extérieur, le coffre aux trésors s’ouvre aux visiteurs. Ainsi, le visiteur peut découvrir sur les parois de la voûte en cul de four du chœur de la crypte des épisodes de la vie de Sainte-Catherine d’Alexandrie.

Cul de four de la crypte : Vierge à l'enfant dans une mandorle, le christ couronnant Sainte-Catherine

Incroyable fraîcheur des couleurs, des pigments, qui sont restés malgré le fort taux d’humidité. Ces fresques présentent tout d’abord, dans la partie supérieure, une vierge à l’enfant, inscrite dans une mandorle. De part et d’autre, deux groupes de trois jeunes femmes se dessinent. A droite, elles sont méconnues, alors qu’à gauche, celle qui est la plus proche de la mandorle, qui se fait couronnée par le christ, c’est Sainte-Catherine d’Alexandrie. (la femme au visage noir). Son visage noir est une coïncidence : le blanc de chaux de restauration de Sainte-Catherine s’est oxydé, et donc a passé du blanc au noir. Rien à voir avec l’origine de Sainte-Catherine.

Fresques XIIe siècle, épisode des philosophes

Dans la partie inférieure, deux épisodes de sa vie. Très jeune elle se tourne vers le christianisme. On dit même, qu’elle est mystiquement mariée au Christ (d’où la présence de l’anneau, fréquemment représenté à son doigt, comme c’est le cas ici). A gauche, alors qu’elle refuse d’être la maîtresse officielle de l’empereur, elle est alors confrontée aux philosophes les plus érudits du monde, la colombe du Saint-Esprit la conseillant sur ses réponses. Elle influe sur les philosophes et les convertit au christianisme. A droite, le martyr des philosophes. L’empereur Saint-Maximim les brûle dans une sorte de marmite – cuve d’errain -, d’où l’on peut apercevoir les âmes des philosophes extirpées au dessus d’eux par deux anges puisqu’ils ont été convertis dans l’épisode précédent. La suite de l’histoire est à découvrir sur place, avec ou sans guide.

Un lieu unique, où le visiteur découvre derrière une porte dérobée, un trésor de plus de 800 ans, inscrit alors directement dans la roche : des fresques religieuses d’une qualité incroyable !

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