Tour Saint-Nicolas / 17 / La Rochelle

A La Rochelle, trois tours médiévales dominent le vieux Port. L’une d’elle, la tour Saint-Nicolas servait de résidence fortifiée du capitaine du port.

Construite vers 1376, elle se compose d’un cylindre autour duquel s’organise l’architecture intérieure de type résidence palatiale, et l’architecture extérieure de type défensif (mâchicoulis, chemin de ronde, canonnières et meurtrières). A l’intérieur de l’édifice des enfilades de marches et d’escaliers, tous indépendants les uns des autres. Certains escaliers servaient exclusivement pour les soldats ou encore les serviteurs ou le prêtre. En effet, un prête venait officier à l’intérieur de la tour dans une mini-chapelle.

La visite. Elle commence par les extérieurs. Expliquant l’histoire de la ville et la construction successive des différentes fortifications – tours, enceintes de murailles, château – nous découvrons une histoire complexe, associée à l’histoire du roi de France et du roi d’Angleterre. Tantôt anglaise, tantôt française, tantôt catholique, tantôt protestante, la ville de La Rochelle offre un melting-pot de témoignages architecturaux de cette histoire mouvementée. La première pièce dans laquelle nous pénétrons se trouve être la grande salle de réserve, au rez-de-chaussée de la tour. Voutée en ogive de style croix de malte, cette salle renfermait tout ce qui concerne l’armement. Chaque vaisseau ou bateau voulait amarrer dans le port de la ville devait être désarmé. Cette salle contenait donc poudre, canons, boulets, armes. Il faut remarquer les sculptures à la retombée des ogives : motifs à tête de personnages. (voir photo galerie).

Au premier étage.  La salle d’accueil présente au sol un oculus qui communique avec la salle de réserve au rez-de-chaussée, et un oculus sur la voûte en ogive communiquant avec la salle du capitaine. La salle d’accueil servant au capitaine pour accueillir ses invités, où on pouvait boire et manger lors de petits banquets. Les oculus servaient quant à eux de monte charge mais également de passage d’ordre. Ainsi les soldats pouvaient se crier les ordres sans s’user à grimper les centaines de marches de la tour. Attenant, dans une sorte de demi-niveau, la salle de la vigie basse était un poste de surveillance dirigé vers l’entrée du port, et faisant face à la tour de la chaîne, placée de l’autre côté. Un pieu de près de 2,5 m de longueur est mis en exposition dans cette salle. Il provient des fondations de la tour. Cette dernière ne repose que sur des pieux de cette longueur positionnés dans la vase du port. C’est pourquoi d’extérieur la tour a tendance à pencher (en tout cas dans sa partie basse). Juste à côté, la chapelle du prêtre a conservé son autel et sa cuve baptismale dans un renfoncement de mur. Seul public à cette messe, le capitaine et sa famille. Le prêtre avait même son escalier personnel qui accédait directement à la chapelle sans croiser de gardes.

Au deuxième étage. La salle du capitaine et sa cheminée. C’est l’espace de vie privée du capitaine, salle de jour et de nuit. Ici tout est agencé : une salle d’étude est attenante à cet espace, une ouverture prévue pour suivre les messes depuis la salle du capitaine, et un escalier à vis à double révolution permet d’accéder à cet espace (comme quoi Léonard de Vinci n’a peut être pas tout inventé !). Ici un bestiaire et des sculptures sont présentes, comme le navire finement sculptée trônant sur le manteau de la cheminée.

Au sommet de la tour. Les terrasses et chemins de ronde dominent le sommet de la tour. Avec un crénelage et des mâchicoulis, le chemin de ronde permettait d’offrir un système défensif optimum à cette époque. Un toit en poivrière terminait l’édifice, mais celui-ci a été détruit lors de la Fronde en 1651. Aujourd’hui un toit plus plat et plus moderne le remplace. La deuxième terrasse, surplombant la ville à plus de 37 mètres de hauteur, offre un panorama exceptionnel à la fois sur l’océan, mais également sur la ville. D’ici, nous pouvons voir les deux autres tours de La Rochelle (tour de la Lanterne et tour de la Chaîne), mais également la Grosse Horloge, la cathédrale, et les différents édifices civils et religieux de la ville comme le marché de la Criée par exemple et le quartier du Gabut.

Une visite à la verticale, insolite, où dans une tour nous trouvons un aménagement princier, où tout a été étudié pour le confort de ses occupants, mais également dans un but d’optimiser la défense de la ville et du vieux port. A recommander en priorité !

Johnatan Savarit

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