Vitraux de Sainte-Radegonde / 86 / Poitiers

Lumière sur les vitraux de Sainte-Radegonde.

L’église Sainte-Radegonde de Poitiers suscite émoi et intérêt. Eglise à la fois romane et gothique, église de pèlerinage renfermant les tombeaux de Sainte-Radegonde, Sainte-Disciole et Sainte-Agnès, peintures murales médiévales et ensemble de vitraux remarquables, ici règnent des siècles d’histoire.

Vitrail XIX de Lobin. Sainte-Radegonde et son monastère

Le site. La présence de l’église de Sainte-Radegonde est mentionnée pour la première fois au VIe siècle. A l’époque, cette église était construite à l’extérieur de l’enceinte fortifiée gallo-romaine. Pourquoi le vocable Sainte-Radegonde ? En réalité Radegonde était l’épouse du roi Clotaire Ier, roi de France, et descendant direct de Charlemagne. Après l’assassinat de son frère sur ordre de Clotaire, elle décida de se retirer dans le Haut-Poitou. Clotaire lui offrit un lopin de terre à Poitiers pour qu’elle puisse y établir un monastère : le monastère Sainte-Croix de Poitiers. Elle y vécut jusqu’à sa mort, aux côtés de Sainte-Agnès et Sainte-Disciole, ses deux comparses. Les trois tombeaux et leurs reliques se trouvent toujours dans la crypte de l’église sous le chœur. L’église, quant à elle, a dû être reconstruite au XIe siècle, suite à un violent incendie. L’édifice dans sa majeure partie date alors de l’époque romane. La nef et le portail datent eux de l’époque gothique ; en témoignent le gothique flamboyant présent sur le portail, et le voûtement en ogive de la nef. L’église a été classée Monument Historique en 1862.

A la découverte des vitraux. Mercredi 2 octobre 2013, l’office de tourisme de Poitiers proposait la visite « les vitraux de l’église Sainte-Radegonde ». Des vitraux du XIIIe et XIVe siècles attendent le visiteur. En arrivant devant le parvis de l’église, la guide-conférencière fait un mini-point historique afin de recontextualiser le site. Puis, en entrant dans l’église, nous sommes immédiatement attirer par la lumière et les couleurs des verrières. En effet, elles prennent une place prépondérante. La guide nous prête des paires de jumelles afin de mieux apprécier les vitraux. Ici, ces derniers illustrent en réalité la vie de Sainte-Radegonde depuis son enfance jusqu’à sa mort en passant par son mariage avec Clotaire et la fondation du monastère Sainte-Croix de Poitiers. En se plaçant au centre de la nef de l’église, le mur de gauche possède quatre travées. Les deux travées les plus proches du chœur sont de l’époque romane, et les deux plus proches de l’entrée sont de style gothique. Ce qui montre bien que l’église a été construite sur plusieurs siècles. Aux couleurs de cobalt, de cuivre, de manganèse, de chrome et d’argent, donnant alors une palette de bleu, de jaune, de violine, de rouge et de rose, on peut y voir une grande rosace dans la deuxième travée. Cette rosace à huit lobes, rare pour l’époque, a été produite grâce à un don de 100 sous d’or d’Alphonse de Poitiers, frère de Saint-Louis, en 1269. Elle illustre un Christ en majesté, un jugement dernier et les apôtres. En dessous de la rosace, dans les baies jumelées se trouvent quelques épisodes de la naissance et de l’enfance du Christ : nativité, présentation au temple ou encore fuite en Egypte.

Rosace Alphonse de Poitiers, Vitraux médiévaux

Dans les deux travées suivantes, en s’approchant du chœur, nous trouvons deux baies jumelées de style roman. Ici, c’est l’histoire de Sainte-Radegonde qui est exposée. Il est intéressant de voir qu’elle porte un vêtement bleu à fleur de lys, rappelant alors son statut de reine de France. L’incrustation de ces fleurs de lys dans le verre bleu représente une vraie prouesse technique. En effet, le verrier les a apposé une à une. Le visiteur est face à des œuvres quasi-uniques à chaque fois. La guide-conférencière attire notre attention sur les verrières du chœur, au dessus du maître autel. Juchées à plusieurs dizaines de mètres de hauteurs, Sainte-Radegonde et d’autres saintes nous contemplent.

Au fond de l’église, derrière le chœur, le visiteur est amené à emprunter le déambulatoire. Ici d’autres vitraux nous attendent. De facture plus récente, ces vitraux réalisés en 1871 par le vitrailliste Lucien Léopold Lobin, sont saisissants. Les détails sont minutieux : les plissés des drapés, les expressions sont extrêmement fines pour le XIXe siècle. Sainte-Radegonde est encore une fois mise à l’honneur, entourée de plusieurs thématiques comme celle de Marie, des rois de France et des moniales du monastère Sainte-Croix, dépendance de l’église de Sainte-Radegonde.

Accompagné par la musicalité de l’organiste Suzanne Villard, la visite semble auréolée de lumière. Des commentaires éclairés pour une mise en valeur des vitraux presque solennelle et émouvante.

Johnatan Savarit

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s