Abbaye de Saint-Martin du Canigou / 66 / Pyrénées Orientales

Mille ans d’histoire pour l’abbaye de Saint-Martin du Canigou.

Plongez au cœur de la roche, pour une visite à la verticale, où il ne faut pas avoir le vertige. Ancrée au cœur de la chaîne des Pyrénées, cette abbaye accrochée aux parois, semble littéralement voler au-dessus d’un précipice presque sans fond.

Histoire. Edifiée à partir du début du XIe siècle, cette abbaye a fêté en 2009 son millénaire d’existence. Cette construction a été possible grâce à l’action de Guifred II accompagné de son jeune frère Oliba. Ces deux bénédictins établissent leur ordre de Saint-Benoît en 1008, et Guifred devient la même année père abbé. L’année suivante, la première consécration des églises de Saint-Martin fut célébrée. On sait qu’à l’aube de la Révolution Française, dans les années 1770, il ne resta plus que cinq moines âgés dans l’abbaye. Ils fuirent l’abbaye, trop coûteuse, pour s’installer quelques centaines de mètres plus bas dans une église de taille beaucoup plus réduite. (aujourd’hui nous trouvons cette église sur le chemin qui mène à l’abbaye). L’abbaye fut ensuite confisquée, spoliée par les révolutionnaires, avant d’être rachetée courant XIXe siècle par un riche propriétaire de la région.

Des paysages et des forces. Courageux nous avons été ! Et oui, pour accéder à l’abbaye de Saint-Martin du Canigou, nous avons dû laisser notre voiture sur le parking, prendre nos chaussures de randonnée, grimper des méandres de chemins au travers de la forêt, et accéder au sommet d’un pic de la chaîne montagneuse des Pyrénées. Ouf, quelques centaines de mètres plus haut, l’abbaye se dessine. Récompense d’une marche terrible. … Mais ne vous inquiétez pas, les randonneurs apprécieront tout de même cette très belle balade dans les paysages merveilleux du sud de la France, dans des montagnes à couper le souffle. Si la randonnée et la marche ne sont pas vos trucs, rassurez-vous, en haute saison, des navettes effectuent la liaison entre le parking et l’abbaye. La vue à l’arrivée est sensationnelle. Une abbaye crampée sur une montagne, comme suspendue au-dessus du vide, à front de falaise. Entre vallée et chaîne montagneuse, entre campagne et neige, ici le décor fait partie intégrante du site exceptionnel. Mais qu’y a-t-il à voir dans cette abbaye ?

Le site. Rassurez-vous encore une fois, l’effort et l’attente sont mérités. En effet, l’abbaye surprend et ravie. Nos cinq sens sont constamment sollicités. Des jardins médiévaux, à la découverte du double cloître, dont le cloître inférieur est quasi-intact, de l’église abbatiale, aux vues impressionnantes, de l’histoire du site, aux rituels liturgiques : malgré 1000 ans d’histoire, tout semble comme avant. La crypte, les tombeaux, le clocher et les bâtiments conventuels complètent largement la visite. Ici le temps s’est arrêté. Seuls les touristes, les appareils photos et les vêtements changent. Pour le reste tout y est !

Mes coups de cœur. Au nombre de trois, cette abbaye recèle de trésors et de découvertes. Le cloître reste magique. Les quatre galeries renferment le jardin intérieur et le puits. Les chapiteaux sculptés des colonnettes du cloître sont d’une grande finesse. Figures grimaçantes, scènes liturgiques, abbés ou moines, bestiaire médiéval : nous restons sans voix devant ces sculptures médiévales, reflétant un art si abouti. Mon deuxième coup de cœur : l’emplacement et l’environnement. Ici, entre nature et bâti, les sens sont sollicités par des paysages insolites et incroyables. Des bruits des oiseaux, au vent, des senteurs du jardin médiéval aux neiges éternelles, nous sommes transportés dans une atmosphère, presque céleste, à deux pas du ciel et de ses habitants tant vénérés par la communauté monastique. Dernier point d’intérêt et non des moindres : l’église. Ici, ce ne sont pas les peintures ni même les sculptures qui attirent. Non ! Mais c’est bien l’architecture voire même l’ambiance solennelle et religieuse qui se dégage de ce lieu. L’air ambiant, prières, lumières naturelles pénétrant dans l’édifice par les vitraux, nous donnent envie de nous recueillir, de réfléchir, de faire silence devant un tel monument et une telle ferveur religieuse. Un profond respect aux différents habitants depuis sa première fondation jusqu’à nos jours. A en regarder les photographies, et en étant sur place, une impression que Dieu habite véritablement l’édifice, cette lumière rasante, provoque en nous un émoi certain, invite à un voyage dans son moi intérieur.

En somme, une abbaye juste époustouflante, accrochée à la montagne, comme une véritable funambule. Ici, l’art médiéval côtoie une atmosphère liturgique, un environnement et une ferveur religieuse inégalée. Comme quoi, le religieux subjugue peut être davantage que le civil. Une rencontre, une visite, une découverte à préconiser de toute urgence.

 Johnatan Savarit

+ d’infos : http://stmartinducanigou.org/

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