Charles Pétillon invente la photopoésie à Orléans

Evocation de la nature insaisissable du monde avec une telle simplicité, voire une poésie, le photographe Charles Pétillon nous embarque pour une aventure presque enchantée. Un art en apparence simple mais qui dégage un travail de composition monstrueux pour délivrer un message empreinte de bon sens. Au travers d’installations de ballons blancs – toujours blanc – l’artiste nous plonge dans un univers de métaphores et de rêveries évoquant un temps des sujets légers, un temps des sujets profonds, sans toutefois être donneur de leçon. Ses photographies emportent, transportent, charment. C’était à découvrir à la collégiale Saint-Pierre le Puellier d’Orléans.

Selon le commissariat d’exposition :

« rien n’est laissé au hasard dans les interventions de Charles Pétillon. Ses photographies s’appuient chaque fois sur une mise en scène, une lumière, un cadrage extrêmement maîtrisés. Ses installations de taille monumentale quand à elles sont souvent interactives, munies d’un dispositif qui permet de moduler l’éclairage, d’émettre des sons, de mettre ne mouvement des ballons blancs en fonction de l’affluence du public ».

Commissariat d’exposition et Orléans Métropole – Collégiale Saint-Pierre le Puellier / Orléans

Ci-dessus : oeuvre de gauche : Ribamelle I – le désert est certainement l’endroit sur terre où vous ne pouvez échapper au questionnement classique de l’infini et de l’existence sur terre. Notre vie semble tellement ridicule face à l’immensité de l’espace. C’est aussi pour cela que la ribambelle de ballons est tronquée, nous ne pouvons en voir la fin.

Ci-dessus : oeuvre de droite : Passerelle – cette passerelle résonne comme une énigme. Il s’agit pourtant d’un objet usuel, symbolique, universel. Quelques ballons la recouvrant suffisent à créer un décalage et à nous surprendre. La passerelle est le point de départ du voyage, elle permet d’en matérialiser le franchissement. La passerelle nous emmène vers un autre voyage, celui de l’architecture aéroportuaire.

Une invitation à se délecter et surtout à se questionner au travers d’une exposition toute en subtilité. Inventeur d’un nouvel art – la photopoésie – entre capture d’images et univers poétique.

Une fois n’est pas coutume, la collégiale Saint-Pierre le Puellier d’Orléans, désacralisée dans les années 1950, accueille de nombreuses expositions d’art contemporain.

Collégiale Saint-Pierre-le-Puellier – Orléans – quartier estudiantin

Ce bâtiment religieux, le plus ancien de la cité – fondation au vers 840 et refonte au XIIe siècle – , a été tour à tour, abbatiale de l’abbaye aux filles, collégiale, église paroissiale et dorénavant un centre culturel. Au Moyen-âge, cette paroisse fut très active et compta même dans ses adeptes Isabelle Rommée, mère de Jeanne d’Arc, venue s’installer à Orléans en 1440 après le décès de son mari. Un siècle plus tard, en 1562, les Huguenots détruisent une partie de la nef et de la tour. L’église sera restaurée après les guerres de Religion. Vendue comme bien nationale à la Révolution Française, elle servit même de magasin à sel avant d’être rachetée en 1816 par les habitants du quartier pour retrouver un caractère religieux. Au XXe siècle, entre 1966 et 1976, elle fut restaurée afin de devenir un centre d’expositions culturelles.

Igloo I – une photographie non prévue par l’artiste qui, à la vue de ce décor, n’a pas pu s’empêcher de gonfler quelques ballons (qu’il garde toujours sur soi) et de mettre en scène un personnage disparaissant presque totalement au milieu de cette immensité blanche.

Cet été 2020, un artiste s’est donc emparé des lieux pour nous faire voyager au travers de ses oeuvres. Charles Pétillon photographe nous a proposé une vraie balade poétique au travers d’une vingtaine de photographies mettant en scène des ballons blancs, évocateurs d’une partie de l’enfance, afin de mettre en exergue des messages plus profonds.

33 kilomètres (diptyque) – Ces deux photographies ci-dessus symbolisent l’espace qui nous sépare de l’Angleterre et que les migrants tentent de franchir jour après jour. Ils ont tout quitté, ont parcouru des milliers de kilomètres, ont risqué leur vie … et leur rêve demeure inaccessible, bloqué à 33 kilomètres de l’Angleterre.

Il est question parfois de déforestation, de lutte contre le réchauffement climatique, de crise migratoire, de gâchis alimentaire, … mais parfois aussi simplement d’un souvenir vers des choses plus légères comme les cabines téléphoniques que seuls les plus de 30 ans ont pu connaître ou encore les jeux tels que le basket par exemple.

Playstation II – cette dénomination nous relie évidemment à la fameuse console de jeux symbolisant à elle seule l’univers du jeu vidéo. L’objet de cette photo est de questionner le spectateur sur les usages des jeux sous toutes formes, leurs évolutions et leur emprise dans notre société.

En pleine nature ou en pleine ville, son art touche créant une atmosphère presque imaginaire. Comme un monde en suspension, on vous invite à vous plonger dans son univers pour qu’à votre tour vous soyez charmés.

Fragilité – comme un symbole de la fragilité et la précarité de l’homme face aux bouleversements de la nature. L’homme doit-il lutter contre son environnement naturel ?

Focus sur l’artiste

« Né en 1973, Charles Pétillon est un artiste connu pour ses photographies et ses installations in situ de grand format. Il expose régulièrement son travail dans des galeries à travers le monde, ainsi que dans des institutions muséales comme la Maison de la Photographie de Lille. Régulièrement sollicité pour des projets dans l’espace public, il a réalisé, entre autres, une installation monumentale au Covent Garden de Londres en 2015 composée de plus de 100 000 ballons ».

Commissariat d’exposition Galerie Danysz

Ci-dessus : « Mutations I et Mutations II – cette installation de ballons est une métaphore de la structure moléculaire de l’ADN. Elle symbolise les modifications génétiques. En la plaçant dans un contexte pittoresque ; les stigmates laissés par l’homme dans l’espace naturel se révèlent avec plus de force ».

Attendons donc la suite pour retourner à la collégiale afin de découvrir un nouvel artiste. (programme à venir – renseignements auprès de l’Office de tourisme d’Orléans : 02 38 24 05 05).

Johnatan Savarit

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. robocantc dit :

    J’ai été emballée dès que j’ai vu la photo……..GRANDIOSE !

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