Le tour de Marseille en 36h …

Voyage au pays des cigales de Marcel Pagnol

Au coin d’une rue, un voyage. Un détail, un lieu, une architecture, un environnement à explorer bien loin de nos vies trépidantes où l’on semble plus à même de regarder nos chaussures que le lointain. Savoir regarder des objets inertes, muets, pour leur donner une existence, une âme, nous sommes partis pour imaginer une autre manière de pratiquer la ville et de découvrir ses incommensurables trésors disséminés çà-et-là. Comme une abeille, nous avons butiné des calanques au quartier du Panier, des grands boulevards longeant la Méditerranée aux galeries d’artistes, des dégustations culinaires aux secrets insoupçonnés … un véritable abandon dans cette ville emblématique des rivages méditerranéens. Bienvenue à Marseille !

A peine arrivés par le train à la gare de Marseille Saint-Charles, nous nous sommes mis en route pour dégoter les fameuses Calanques marseillaises, tellement réputées. Ce fut la première étape de notre voyage au pays de Marcel Pagnol.

Sur la piste des Calanques marseillaises.

La piste que j’avais suivie en ce début d’après-midi m’apparut bientôt et je continuais au-delà d’une montée. Il faisait chaud déjà. Sur ce plateau sauvage qui s’étendait de toutes parts, un bleu s’étendait dans l’atmosphère lumineuse d’un soleil resplendissant. Des fûts de pierres posés ici, une rivière de cailloux là, une végétation léchée par le mistral et les rayons solaires. Des souffles d’air, un instant où, le vent venant du large, rafraîchissait les environnantes calanques. Mon ascension était à la hauteur d’un pays qui ne semblait d’aucune façon livrer ses secrets aussi facilement que je ne le croyais. Un pays qui se mérite. Un pays aux inextricables petites montagnes qui s’étendaient sous mes pieds et allaient se perdre dans l’immensité bleue de la méditerranée.

Devant moi, au sommet d’une sente, ici même, se dévoilait enfin un paysage sans commune mesure. De cette région hérissée de collines montagneuses, se dévoilait, enfin, ce pour quoi nous nous étions mis en marche depuis plus d’1h30…. Comme un petit goût de paradis, au détour de cette nature parfois hostile, parfois sévère, nous sommes partis à la découverte des plus beaux balcons sur la Méditerranée.

Une fois arrivés, nous posâmes notre bivouac pour quelques heures durant lesquelles nous nous efforcerons de contempler et de profiter de dame nature. Au bord d’une crique, sur une plage de galets, entouré de falaises abruptes, comme cernés dans un écrin, un bleu incommensurable tout autour, nous étions enfin arrivés au terme de notre périple. Que reste-t-il de toute la poussière caillouteuse et de tous nos efforts entrepris dans ce voyage ? Assurément un plaisir, une satisfaction, un réconfort de pouvoir enfin voir à sa juste valeur les fameuses Calanques de Marseille.

Après avoir inspecté les horizons de cette halte, le temps était venu de repartir en sens inverse. Pour revenir sur nos pas, nous suivons un sentier au travers des rocs, à l’arrière des criques. Nous quittâmes donc les bords bleus de la méditerranée pour grimper à flanc de falaises afin de prendre de la hauteur. La nature escarpée de chaque versant, les lacets de chaque chemin se faufilant au travers des broussailles, nous offrant comme point d’ancrage qu’une succession de rochers et de cailloux rendant la progression parfois incertaine, parfois lente, parfois glissante. Mais quel sentiment féérique de se retrouver en quelques instants au sommet, tel un gamin dans la trilogie de Marcel Pagnol pour dominer, ici, une vue à couper le souffle sur ce qui participe à la légendaire Marseille. Après cette balade sur ce squelette pierreux, il était temps de prendre le dernier chemin qui redescendait en ondulations jusqu’à notre point de départ. D’un paysage vertigineux aux délicieuses criques d’eaux cristallines, l’éloignement de l’agitation de la ville valait ces quelques efforts, en trouvant ici une quiétude, une contemplation, un instant isolé, une suspension du temps.

Un Petit tour d’horizon de la ville et ses petits trésors.

Nous avons profité d’une petite heure restante de cette première journée pour nous balader dans le centre ancien à la découverte de la ville historique. Tantôt en se perdant dans ses rues, tantôt en suivant le tracé balisé, nous avons joué nos vrais vacanciers pour dénicher les spots touristiques et les lieux emblématiques qui font de cette ville un centre historique, artistique, culturel et si caractéristique de la vie du Sud.

De l’abbaye Saint-Victor, à Vieille Charité dans le quartier du Panier, des places du centre historique, au théâtre-opéra, du palais de justice au musée d’histoire de la ville implanté sur un ancien port antique, des rues graffées aux fontaines de quartier … la déambulation nous a permis de voir les multiples visages de la cité phocéenne.

Après l’effort, le réconfort d’une belle soirée attablée dans le centre de Marseille.     

Cuisiner est une activité qui exige d’être aussi créatif et imaginatif qu’une activité telle que le dessin, la sculpture sur bois ou la musique.

Julia Child, cheffe cuisinier américaine et animatrice télé, pionnière dans la promotion de la cuisine française.

Antipasti, pasta, risotto, gnoccho, pizza, osso buco, pana cotta ou encore tiramisu … les saveurs italiennes sont gourmandes et généreuses. Le temps d’une soirée dans le cœur historique de Marseille, nous sommes allés à la rencontre des goûts italiens en rejoignant les rivages napolitains. Le but : déguster une pizza… mais pas n’importe laquelle. Ce plat aux couleurs magnifiques, la pizza fut aussi considérée comme une représentation symbolique de la ville de Naples. Avec ses bords noirs de cendre, brûlés par un flot de lave chaude du Vésuve, cette pâte décorée par de lumineux îlots de mozzarella, les quartiers allongés sur une couche de tomates rouges, elle symbolise en même temps la vie et la passion de ses habitants.

C’est une irrésistible expérience que de soumettre nos sens à la dégustation d’une pizza dans un établissement déniché par à la fois par sa réputation et à la fois par la recommandation de 1001 personnes : la Pizzeria Sauveur en plein centre de Marseille. Nos narines s’affolent à l’approche de la pizza cuite au feu de bois, les yeux pétillent devant toutes ces couleurs posées çà-et-là sur cette pâte rougeâtre de sauce tomate, la main effleure les bords de la pâte moelleuse noircie par la cuisson, l’ouïe se réveille au craquement de cette dernière sous la pression des doigts. Quant au goût… un ravissement. Saveurs, générosité, authenticité … un voyage de l’autre côté de la frontière italienne en ne quittant pas le centre de la cité phocéenne. Une pizza dégustée assis autour d’une table positionnée dans une ruelle, à moitié caché, à moitié insoupçonné. Un moment singulier. Un agréable réconfort, surtout après notre escapade au milieu des calanques de l’après-midi.

Une balade labyrinthique dans le plus vieux quartier de Marseille : Le Panier.

Un nouveau jour se lève sur Massalia. Un soleil réchauffant nos peaux les faisant brunir à son contact. Dans cette ambiance matinale d’un dimanche, nos pas nous emmenèrent en plein cœur du plus vieux quartier de la cité phocéenne. Un quartier mythique et historique qui ne laisse personne indifférent. Le Panier.

Le Panier s’offre à nous et se laisse découvrir en se perdant dans ses innombrables tentacules. Il faut alors flâner dans ses ruelles étroites afin de dénicher des petites terrasses de cafés, des placettes, des façades colorées de graffs et des boutiques de créateurs. Une authenticité qui fait de ce quartier une parenthèse dans le tumulte de la vie marseillaise.

Historiquement parlant, la ville de Marseille voyait le jour sur l’actuel quartier du Panier. Emplacement privilégié en hauteur, dominant la mer, les premiers habitants sont arrivés vers 600 avant J-C-. Des moulins puis des établissements hospitaliers verront le jour au cours de l’Antiquité et du Moyen-Âge. C’est véritablement en 1745 que la Vieille Charité sera achevée. A l’orée des XIXe et XXe siècles, le Panier devient le repaire de la prostitution et se révèle être vite insalubre. Durant la deuxième guerre mondiale, le quartier fut rasé par les Allemands pour déloger les résistants qui s’y étaient réfugiés. 1500 immeubles détruits en l’espace de trois jours en janvier 1943. C’était sans compter sur une volonté de fer de faire sortir ce quartier de sa torpeur. Ce n’est que très récemment que ces ruelles ont fait l’objet d’une attention particulière afin de réaménager ce quartier pour lui donner son aspect d’aujourd’hui, aux mille et une couleurs, rythmé par ses ateliers d’artistes, ses fresques des street-artistes et ses ruelles jalonnées de fleurs. Comme un véritable musée à ciel ouvert exposant ces graffes, au détour des ruelles, au sommet d’un escalier, à l’approche d’une place ou sur une devanture de boutique, les œuvres éphémères sont partout, invitant, parfois à se poser des questions, parfois simplement à sourire et à contempler.

Une halte gourmande avec vue imprenable sur le vieux port.

Avant de reprendre la route, nous avons fait une pause gourmande lors d’un brunch… oui mais pas n’importe lequel. En contournant le fameux port de la ville sur ses trois facettes, nous sommes passés non loin de l’abbaye Saint-Victor et du fort Saint-Nicolas. Nous nous sommes arrêtés juste avant le parc du palais du Pharo et nous avons emprunté une petite rue qui descendait vers les embarcadères. A quelques encablures de là, nous attendait un endroit de délectation à la fois gustative et contemplative. Nous nous sommes approchés du dernier bâtiment de la rue, sur notre droite, et nous nous sommes présentés au premier étage. Une réservation avait été faite au Rowing Club, un restaurant avec un fameux « roof top » ou pour les non anglophiles, un toit terrasse. Ici, surplombant le vieux port de Marseille, nous faisant face, le fort Saint-Jean et la tour du roi René, nous n’avions jamais mangé un aussi bon et copieux brunch de toute notre vie.

Du « fait maison », des produits frais, des cuisiniers au top. Une ribambelle de viennoiseries, crêpes et desserts nous attendait sur notre droite. Au deuxième étage, les plats chauds d’une fraîcheur sans faille, des hamburgers sur mesure ou encore des œufs brouillés et du bacon grillé. Sans oublier les innombrables salades composées, plateaux de fromage et poissons à disposition. Notre cerveau a vrillé et n’a plus savoir quoi choisir. Le tout accompagné de citronnade ou jus de fruits frais. Comme un instant detox et plaisir avant de reprendre le chemin du retour.

Une dernière halte, comme pour prolonger notre plaisir marseillais.

Notre dernière halte nous a permis de réserver un instant de digestion en se baladant dans le parc du palais du Pharo. Comme un balcon sur la vieille ville, un tête-à-tête avec le musée Mucem sur l’autre rive, nous avons apprécié la vue imprenable sur cette immensité bleue, ces milliers de bateaux amarrés, ces rivages rocheux, ce mistral jouant dans nos cheveux, cette ambiance particulière. Une carte postale tellement singulière de cette sublime ville de Marseille.

Une parenthèse déco.

Une petite adresse déco pour terminer ces quelques lignes. La « fameuse » décoratrice Sophie Ferjani s’est installée à Marseille afin de pouvoir exercer ses talents de décoratrices voire même de scénographe d’intérieur en trouvant ici ou là une astuce, un meuble, un objet sublimant votre intérieur. Une adresse à ne pas louper, au moins pour pousser les portes de ce show-room et de profiter des quelques idées qui feront de votre intérieur un véritable cocon à votre image. 45, rue de la République dans le 2e arrondissement de Marseille.

D’initiés, nous sommes devenus initiateurs auprès du plus grand public afin de faire découvrir notre voyage au pays des cigales marseillaises. Un secret que l’on partage ici volontiers pour vous donner un avant-goût de Marseille, en espérant avoir attisé votre curiosité et vous donner l’envie de vous aussi découvrir cette ville. Ici, n’est rien d’autre qu’une seule vision, où en 36h nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion d’explorer tout ce qu’il y a à faire. Aurez-vous peut-être l’aubaine de compléter par la visite de nombreux sites culturels à l’instar du fameux MUCEM, par la découverte des îles du Frioul ou encore par la dégustation d’une réputée bouillabaisse ? Nous, on se le garde de côté pour une future escapade marseillaise.

Johnatan Savarit

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