Le Moyen-Âge à portée de main à l’hôtel Cluny

Le Moyen-Âge à portée de main au musée médiéval national : l’hôtel Cluny à Paris.

Ce matin-là, nous avons posé les yeux sur la magnifique bâtisse qui se dressait devant nous. Nous avons marché vers une porte qui semblait nous attirer. Rentrant à l’intérieur, nous avons emprunté une faille spatio-temporelle pour retourner, un instant, en plein cœur du Moyen-Âge. L’hôtel de Cluny renferme des milliers d’œuvres d’art de cette période allant du Ve au XVe siècles. Bienvenue dans le Musée Médiéval national.

Synopsis.

En ces temps de confinement et où le Musée Cluny est fermé pour deux ans de travaux, nous vous proposons un petit voyage dans le temps à la découverte des joyaux médiévaux que renferment les murs de cette institution culturelle. Mais où sommes-nous d’ailleurs ? Ici des thermes gallo-romains, là un hôtel particulier du XIIIe siècle et là-bas encore un bâtiment du XIXe siècle… je suis perdu. Et bien Cluny est en réalité l’association de tous ces édifices antiques, médiévaux et contemporains.

Voûte d’une cage d’escalier – gothique flamboyant – hôtel particulier de Cluny – architecture médiévale

Au cœur de ce labyrinthe, les œuvres se présentent à nous pour nous replonger dans l’univers médiéval d’un Lutèce (ou Paris si vous préférez) parfois oublié. Comme disait Georges Duby, partons pour notre western à nous alors.

  » Le Moyen-Âge est un monde merveilleux, c’est notre western, et en cela il répond à la demande croissante d’évasion et d’exotisme de nos contemporains  » 

Georges Duby, historien, 1919-1996
Vase provenant de l’Abbaye de Saint-Savin sur Gartempe – département de la Vienne – XIe siècle – verre soufflé
Ange tenant les instruments de la Passion – Île de France – 1297 – calcaire

Historiquement parlant.

Le puissant ordre religieux de Cluny, où la maison-mère se trouve en Bourgogne, va, au cours du Moyen-Âge, ouvrir çà-et-là des établissements ecclésiastiques à Paris, à Avignon et en Terre Sainte. C’est pourquoi, le musée actuel porte le nom de « Cluny ». Ici, c’est le lieu de résidence de l’abbé qui s’adosse intimement aux anciens thermes gallo-romains. L’architecture gothique domine. Un mur crénelé comme rambarde extérieure au sommet des hauts murs, des sculptures issues des décors style gothique flamboyant, des frontons ainsi que des lucarnes hautes… un vrai plongeon quelques 600 ans en arrière. Cette « pépite urbaine », comme la surnommait Prosper Mérimée, est un joyau architectural.

Coffret assaut du château d’amour et scènes de romans courtois – Paris – 1300-1310 – ivoire et cuivre

Au XIXe siècle, suite à la donation d’Alexandre Sommerard de sa collection riche de près de 1500 objets médiévaux et à la cession de Paris à l’Etat de l’hôtel et des thermes, on propose de lancer un appel à projet pour la création d’un musée. Albert Lenoir, jeu architecte se lance dans l’agencement d’un musée d’art français, dégageant les vestiges antiques et restaurant l’hôtel médiéval. Entre les années 1830 et 1840, le musée ouvrira ses portes.

Scène de Samson et du lion – Sainte-chapelle de Paris – 1243-1248 – vitrail

Crosse épiscopale

Olifant fragmentaire – Italie du sud – 1100 – ivoire

Targe (bouclier) représentant Saint-Georges et le dragon – milieu XVe siècle – peinture sur bois et cuir

Notre sentiment ?

Notre parcours de visite nous emmène d’un espace à l’autre, d’un étage à l’autre dans une succession de marches pour accéder aux nombreuses collections disséminées. Un vrai labyrinthe où l’on peut se perdre facilement. Nous prenons toute la mesure de la complexité du bâtiment qui rassemble plusieurs époques allant de l’époque gallo-romaine au XIXe siècle, ce qui explique l’enchaînement de pièces pas toujours fluide. Mais cela ne gâche en rien aux splendeurs vues. D’un coffre incrusté de pierres précieuses à un vase reliquaire, d’un jeu de société à la fameuse tapisserie de la Dame à la Licorne, des sculptures religieuses aux armes et équipements militaires, de l’architecture des lieux aux nombreuses pièces de mobilier … tout respire cette époque dont souvent on n’avons que des préjugés et dont on méconnaît la réalité.

Tapisserie de la Dame à la licorne – fin XVe début XVIe siècle – tenture millefleurs

Pas si sombres ces âges médiévaux, pas si rustres et bourrins ces gens du Moyen-Âge, pas si illettrés et si ignares que cela. Venez vous en convaincre le temps d’une visite pour (re)découvrir les avancées militaires, littéraires, économiques, religieuses et politiques de ces 10 siècles souvent qualifiés de dark ages par nos compatriotes anglais et d’âges sombres par certains Français. Entre les sous-sol, où se trouve l’énorme salle voûtée appelée « le frigiradium », seul vestige des anciens thermes gallo-romains culminant à 14 mètres de hauteurs, aux étages les plus élevés où nous faisons connaissance avec la Dame et sa licorne, chaque salle du musée nous entraîne dans un univers, parfois mystique, parfois terre-à-terre, parfois étincelant de pierres précieuses, parfois d’une blancheur certaine des autels religieux.

Chapiteau double avec animaux hybrides – Saint-Denis – 1140-1145 – pierre

Crosse épiscopale et coffrets religieux émaillés

A chaque coup d’oeil, nous sommes reconnaissant de pouvoir voir autant d’oeuvres en un seul espace. Des pièces qui auraient pu être détruites, oubliés ou encore perdues. Comme revenues d’un temps lointain, elles sont un magnifique témoignage de la vie des gens du Moyen-Âge. Une connaissance du passé pour mieux comprendre ce que nous sommes aujourd’hui en sachant d’où l’on vient.

Entre vie militaire et vie culturelle – casques de type « bec de passereau » et « salade » typiques de la fin du Moyen-Âge / Jeux de société type échecs, cartes et dés.

 » Le Moyen Âge a été une période essentielle pour la formation de notre société et de notre culture, peut-être même la plus importante « 

Jacques Le Goff, historien 1924-2014
Scène de Samson et du lion – Sainte-chapelle de Paris – 1243-1248 – vitrail

En conclusion et sur les dires de La Rochefoucauld, notre bonheur à nous a été de goûter à cette aventure médiévale. « Le bonheur est toujours à la portée de celui qui sait le goûter » maxime de François de La Rochefoucauld

Et maintenant ?

Rendez-vous donc en 2022 pour découvrir le musée totalement rénové. Une autre occasion pour contempler les trésors médiévaux que le musée renferme.

(La qualité des photos est médiocre je m’en excuse, je n’avais pas sur moi mon appareil REFLEX).

Johnatan Savarit

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s