Bansky, ou le street-art de la dénonciation

Affiche-expo de Bansky qui s’est poursuivit en 2020.

Qui est Bansky ?

Il serait né en 1974 à Bristol. Petit à petit, il s’est fait un nom au travers de ses projets comme celui sur le mur de Bethléem entre Palestine et Israël. Il inaugure le Walled off Hôtel avec vue sur le mur de Cisjordanie. De cette anonymat découle un véritable engouement pour ses œuvres. Certains vont même jusqu’à pousser la curiosité en s’essayant de trouver l’identité de cet artiste. Certains avancent qu’il s’agit de Robin Gunningham, artiste originaire de Bristol. En 2016, d’autres auraient émis l’hypothèse que Bansky serait le leader du groupe de musique Massive Attack… mais l’artiste dément lui-même cette idée. La même année, le nom de Gunningham ressort … mais personne n’a finalement d’intérêt à ce que son nom soit dévoilé. Cela fait parti intégrante de son univers, comme les Daft Punk à la musique. Graffeur et personnalité publique ? Un mélange qui ne peut se faire.

Son célèbre Rat

Dans tous les cas, on a l’impression que Bansky est toujours là au bon moment afin de dénoncer des faits de société. Pour exemple, lorsqu’un paquebot de croisière s’échoue à Venise le 09 août 2019, menaçant de percuter le quai de la place Saint-MArc, il était présent une semaine auparavant et avait peint ce même type de scène pour dénoncer le tourisme de masse détruisant alors la lagune. Comme un songe prémonitoire. Pour rappel, après cet incident , le maire de la « Sérénissime » ? Luigi Brugnaro, avait déclaré « nous sommes très en colère. Cela suffit avec les navires à Saint-Marc et dans le canal de la Giudecca ».

Ici, l’oeuvre de Bansky dénonçant le tourisme de masse et les paquebots détruisant la lagune de Venise. L’oeuvre est intitulée « Venise in oil » et a un double sens. « In oil » pour peinture à l’huile, mais également pour la catastrophe climatique de ce tourisme.

Artiste publicitaire. Il détourne les codes de la publicité et du marketing pour passer ses messages au travers de ses oeuvres. Message percutant anticapitalisme, anti société de consommation, contre le changement climatique, contre les clichés de la société …. De renommée mondiale, sa côte se compte entre 500 000 € et plusieurs millions par œuvre. Il fait reconnaître donc le street-art au même rang que les autres domaines artistiques. Anarchiste ou ultra-capitaliste, artiste ou vandale … dans tous les cas, un personnage évanescent qui échappe alors à tout.

Robot et Barcodes – USA – 2013

Son exposition en 2020 à Paris 

En cette année 2020, nous avons eu la chance de pouvoir aller visiter l’exposition le concernant à l’espace Lafayette-Drouot. En réalité, ce n’est pas une véritable exposition, mais une expérience immersive. Ses œuvres ont été copiées sur les murs de l’espace avec une mise en scène spectaculaire pour un espace muséal. La scénographie permet de reconstituer le mur de Bethléem avec une sonorisation nous plongeant dans l’ambiance guerrière de ce lieu. Objets posés çà-et-là comme sortis tout droit des œuvres ou abandonnés par l’artiste trop pressé de quitter l’endroit où il graffait. Cultivons ensemble l’ambiguité autour de ce personnage en plongeant dans son univers si singulier, clamant haut et fort des messages engagés. Bienvenue alors chez Banksy.

Dès l’entrée, le long couloir menant au comptoir d’accueil est balafré de phrases toutes empreinte de l’artiste. Sur deux niveaux, l’exposition propose une vraie immersion dans le street-art et la personnalité de Banksy. Il nous faut descendre une volée de marche pour se retrouver au sous-sol de l’espace Lafayette-Drouot, afin de commencer notre visite. Cela a débuté comme ça … Accueillis par son célèbre Rat (comme Philippe Geluck avec son célébrissime Chat), nous sommes happés par l’univers provocateur et créatif de l’artiste.

Plus loin, une invitation à rentrer dans la reconstitution du célèbre WALLED OFF HÔTEL ayant une vue sur le mur de Cisjordanie. Entre réalisme et création, notre cerveau ne sait plus vraiment. Une chose est sûre, l’immersion est totale.

Encore plus loin, bouleversant de réalisme, la reconstitution du mur de Bethléem, séparant la Palestine d’Israël, met en avant les nombreuses oeuvres de Bansky. Quand on pense qu’elles sont réellement présentes sur le vrai mur à des milliers de kilomètres de là, cela force le respect. D’autant plus que bien souvent, ces oeuvres sont dites « illégitimes ». Bansky les réalise sans commande officielle et donc dans une certaine illégalité. Entre artiste et vandale, la frontière paraît parfois très mince. A vous de juger au travers de ces quelques clichés de ses oeuvres.

En remontant au rez-de-chaussée, l’univers artistique nous plonge dans un Londres totalement relooké. Cabine téléphonique trônant au milieu d’une salle, remplie de reste de bombes de peinture. Ici, deux policiers britanniques s’embrassant. Là, un autre policeman urinant sur la voie publique … De l’autodérision, un message politique, juste de l’art… tant de questions se posent sans qu’aucune réponses ne soient apportées. C’est cela aussi l’esprit de Banksy. Savoir repartir d’une exposition plus enrichi de questions que de réponses.

Cela s’est terminé comme ça … Une phrase évocatrice ici reproduite, comme un point final ou un point d’honneur à cette expérience de visite : « a wall is a very big weapon ». Ou comment s’insurger de faits militaires, de guerres, de massacres, d’incompréhensions politiques, culturelles et sociales.

Un mur est plus utile pour lui pour faire passer un message, que toutes ces absurdités dont le monde subit sans cesse. Le pouvoir de délivrer des messages au travers de ses œuvres.

Sur le mur de Bethléem – oeuvres réalisées à partir de 2005

Juste pour rappel l’oeuvre réalisée en 2015 à Paris et volée en 2019 : la porte du Bataclan pour se joindre à la tristesse des attentats du 13 novembre 2015.

Son actualité :

Aujourd’hui, on peut dénombrer environ une dizaine d’oeuvres de l’artiste dans la capitale parisienne.

Ce street-artiste britannique est tellement réputé que plusieurs œuvres sont très prisées voire volées. Parmi ses créations les plus emblématiques (et pour n’en citer que quelques-unes) l’on peut parler de la Fresque anti brexit, du rat et enfin de la porte du Bataclan volée en janvier 2019 et retrouvée quelques mois plus tard en Italie. On perd malheureusement de plus en plus de ses œuvres.

Banksy est un personnage de tous les fantasmes. On ne connaît pas son identité, ce qui créé une attractivité énorme pour son travail. Depuis une vingtaine d’années, il a réussi a gardé son identité. Il intervient politiquement finalement au travers de ses œuvres.

En 2020, l’espace Lafayette-Drouot lui a consacré une rétrospective sur ses deux niveaux. Une expérience de visite dont nous souhaitons vous faire partager aujourd’hui.

Statue équestre de Louis XIV ou de Napoléon ? … Non, l’oeuvre de Bansky.

Johnatan Savarit

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Paf dit :

    Excellent travail.. Merci Passez de bonnes fêtes Amicalement André Botella

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