Embarquez-vous pour le musée du Nouveau Monde à La Rochelle !

Le musée du Nouveau Monde de La Rochelle

Confortablement installé dans un hôtel particulier bâti au XVIIIe siècle, le musée du Nouveau Monde a été créé en 1982. Les décors de style Louis XV ou encore néo-classiques se perçoivent dans les différentes salles accueillant les collections du musée. Dans ce bel écrin, cela ne donne que plus de charme et une dimension presque intimiste aux œuvres exposées Sur ses cinq niveaux, voyagez vous-aussi jusqu’aux berges de ce Nouveau Monde, vers ces Amériques, entre mystère et histoire.

Hotel Fleuriau – Musée du Nouveau Monde – La Rochelle

Un lieu comme mémoire d’une histoire coloniale

Quelles ont été les relations entre la France et les Amériques ? Histoire douloureuse, empreinte aujourd’hui d’un regard humaniste, le musée propose une lecture de cette histoire pas si facile que cela à aborder. Le traité dite « de la traite négrière », l’esclavage, le rapport de domination/soumission … mais pas seulement. Sont évoquées aussi les différentes coutumes, pratiques artistiques, pratiques guerrières afin de mieux s’immerger dans un monde encore peu connu, celui des tribus amérindiennes et des colonies des Antilles. On explore alors ce nouveau continent comme étant une découverte majeure, le reflet d’une communauté dynamique, commerçante et culturellement riche.

Dans les vitrines ou accrochés aux murs, des artefacts, des peintures, gravures, photographies, cartes anciennes évocateurs des territoires comme le Canada, le Brésil, les Antilles ou encore la Louisiane … pour ne donner que quelques exemples. Un espace de réappropriation est dédié à la création artistique contemporaine afin de renouveler la vision actuelle sur ce qu’est le Nouveau Monde.

Voilà pour ce qui est de la présentation bien générale de ce musée. Mais qu’en est-il de notre expérience de visite ? Suivez-nous dans cette épopée pas si lointaine que cela au final.

Hall et cage d’escalier de l’hôtel Fleuriau, musée du Nouveau Monde à La Rochelle

Quant est-il de notre visite ?

Eté 2020, un temps où nous pouvions encore se rendre physiquement dans les institutions culturelles. Autant vous dire que nous en avons profité pour visiter un maximum lors de notre tour de France. Courant août, nous nous sommes arrêtés deux jours à La Rochelle et nous en avons profité pour découvrir ce musée que, je dois l’avouer, je ne connaissais pas. C’est parti !

Depuis la cour d’honneur de cet hôtel particulier du XVIIIe siècle, nous sommes happés par l’attraction de ce bâtiment. Aussi bien en architecture que par les collections qu’il renferme, nous nous sommes décidés à passer une petite heure (fermeture approchant oblige) pour déambuler et en apprendre davantage sur ce passé reliant deux continents, deux cultures, deux façons de penser et d’agir. Une belle découverte, hors des sentiers battus du traditionnel circuit touristique de La Rochelle, le musée de la Nouvelle France, légèrement écarté du vieux port, vaut le détour. On en ressort grandit d’un apprentissage qui finalement aplanit les quelques problèmes du quotidien et nous recentre sur les vraies valeurs (en tout cas cela a fait cet effet sur moi). Nous vous proposons une petite sélection d’objets qui nous ont marqué et qui sont représentatifs de l’ampleur des collections de ce musée.

Une des salles du musée au premier étage

Notre sélection d’oeuvres :

Papier-peint panoramique de la Manufacture Dufour et Leroy, créé en 1826. Jean-François Marmontel publie les Incas ou la Destruction de l’empire du Pérou en 1778. L’ouvrage dénonce le fanatisme et le faux zèle de la religion. Relatant la conquête du Pérou, l’auteur insiste sur les vertus de Tolérance et de douceur qui caractérisent selon lui les Indiens, tout prêt à accueillir le meilleur de la religion chrétienne, opposés à la cruauté et l’avidité des protagonistes européens. L’ouvrage a donné lieu ensuite à la création artistique sur différents supports comme la peinture, la sculpture, les arts graphiques ou encore les arts décoratifs.

Peigne en forme d’Indien, XIXe siècle, écaille.

Un autre papier-peint panoramique, impression à la planche en 1829, de Jean-Julien Delthil pour la Manufacture Zuber à Rixheim. Le papier-peint rencontre un large succès dans les intérieurs bourgeois des années 1805 aux années 1860 en introduisant rêve et exotisme au sein des salons. En 1829, la manufacture Zuber, installée en Alsace à Rixheim, commande à Jean-Julien Delthil un décor sur le thème du Brésil, motif favorisé par les images du Bavarois Johan Moritz Rugendes, publiées entre 1827 et 1835. Ce voyage pittoresque parcourt des sites variés de la civilisation la plus florissante. On peut grâce à ce paysage voyager sans sortir de chez soi (comme un air de déjà vu). En 1834, ce papier-peint a reçu une médaille d’or consacrant alors le travail de cette manufacture.

Des vanneries pima, qui sont réalisées tellement serrées qu’on peut y conserver de l’eau. Ici, un vase et un plat du XIXe siècle.

Qui dit découverte des Amériques, dit colonisation, affrontements, installations et aussi la ruée vers l’or, comme on peut le voir dans des westerns ou encore dans les aventures de Lucky Luke. Chacun y prendra ses références. Dans tous les cas, l’expansion vers l’Ouest a laissé des traces. Théâtre des affrontements entre troupes anglaises et tribus amérindiennes, entre expansionnisme colonial et défense de leurs territoires, chaque camp connaît victoire et défaite, entraînant ici-et-là des massacres innombrables. C’est à partir des années 1860 que les Sioux ou encore les Apaches vont tenter de se libérer du joug anglais. Malheureusement pour ces tribus, elles finiront parquées dans des réserves. Il faudra attendre 1890 et le massacre de Wounded Knee Creek pour voir cette guérilla se terminer. Sur les 850 000 Indiens estimés vivant en Amérique en 1492, il n’en restera plus que 50 000 à l’orée du XXe siècle.

Concernant la ruée vers l’or, elle commença en janvier 1848, après la découverte par le charpentier James W.Marshall d’une pépite en Californie. Dès le moi de mai, on voit arriver de partout les fameux « chercheurs d’or », venus par exemple de la ville de San Francisco, où la moitié de ses habitants sont partis en chasse de ce métal précieux (soit environ 400-500 personnes en 1847). Des bateaux arrivent de tout le Pacifique. En cette année 1848, synonyme de crise et de révolution en France, cela déclenche un véritable exode sans précédent. Le vieux continent cède à la fièvre de l’or. Partout des campements se montent. La ville de San Francisco compte en 1860 pas moins de 56 000 personnes. Des hommes majoritairement, jeunes et citadins, mais également des femmes (8%) se lancent dans cette expédition. Des familles voient ainsi une opportunité d’une nouvelle vie, d’un nouveau départ, ce qu’atteste les nombreux jouets qui ont été retrouvés.


Coiffe de guerre / Indien Blackfoot / plumes d’oiseaux, piquants de porc-épic, peau, crin de cheval, toile.

Cosmétiques de 1850 comme ce lot de pots à fard, de bouteille d’eau de Cologne, de brosse à cheveux ou encore de pots de savon, provenant de Paris et de Londres et découvert lors de fouilles à San Francisco

Plusieurs salles vous propose de retracer l’épopée de la Nouvelle France à la découvertes de terres acadiennes. Peau de phoques, huile de castors, raquettes, objets du quotidien et morue séchée … comment vivait-on sous le grand froid canadien ?

Plus loin dans les salles du musée, la douloureuse histoire de la traite « négrière » et de l’esclavage est évoquée. Ne pas oublié pour comprendre le présent pourrait être une des devises de ce musée. Cela nous replonge dans le siècle de Louis XIV, roi de France qui publiera le Code Noir « servant de règlement pour la discipline et le commerce des nègres et esclaves ».

Ce musée, rassemblant alors des centaines d’oeuvres exposées, nous transporte dans un univers singulier et empreint d’une charge historique et émotionnelle très forte. Les collections sont bien mises en avant. Un petit bémol, l’absence de double discours pour adulte/enfant qui pourrait qu’améliorer le sens de lecture en salles. (mais peut-être existe-t-il des dispositifs à l’accueil que nous n’avons pas demandé).

Une belle découvert et une belle balade dans ce musée rochelais, bien loin des sentiers battus par les tours, le vieux port ou encore son aquarium. Comme quoi, cette ville regorge de trésors !

Johnatan Savarit

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