Château de Chambord / 41 / Chambord

Un château hors norme, à la démesure d’un roi hors du commun.

Château de Chambord

Historique. C’est en 1519 que le château surgit de terre. Entre forêt et marécages, François Ier, auréolé de sa victoire de 1515 à Marignan, décide de marquer de son empreinte l’histoire de France. Il demande alors la construction de ce gigantesque ouvrage qui deviendra alors son palais. Le parc lui-même, d’une superficie égale de celle de Paris intra-muros, reflète les envies immodérées du roi de France. Les travaux commencèrent à l’automne 1519. Le donjon fut pourvu de quatre tours rondes. Suite à l’emprisonnement de François Ier par Charles Quint à la bataille de Pavie, les travaux furent interrompus pour ne reprendre qu’en 1526. Deux ailes sont alors rajoutées : l’aile de la chapelle et l’aile du roi. Dans les années 1540, le donjon et l’aile royale sont achevées. François Ier invite même Charles Quint à visiter son palais, inouï ! François Ier ne vivra qu’une faible partie de sa vie au château de Chambord. Roi de la cour itinérante, il poursuit inlassablement son périple à travers tout son territoire, dormant de château en château. Ses voyages l’ont éreinté. Tellement, qu’il décède en 1547. A sa mort, le château n’est pas complètement terminé, mais le dessin général et le concept architectural colossal sont bien amorcés. L’escalier à double vis, installé au centre du donjon, reste une invention sensationnelle pour l’époque. Elle fût longtemps attribuée à Léonard de Vinci. Mais aucune preuve solide n’atteste de cette invention. Invention si l’on peut dire car l’escalier à vis existait déjà avant l’époque de De Vinci. Par contre l’on sait que Molière est venu entre 1669 et 1670 pour jouer devant le roi Louis XIV quelques pièces dont le Bourgeois Gentilhomme par exemple. Au fil des siècles, le château fut successivement habité par les deux beaux-pères successifs de Louis XV : le roi de Pologne Stanislas Leszczynski et le Maréchal de Saxe. Au XIXe siècle, le château traverse une période d’abandon, où au final peu de propriétaire ne l’habite. Il fut propriété du Duc de Bordeaux, petit-fils de Charles X. Puis dans les années 1880, et jusqu’en 1883, date de sa mort, le duc ouvre son château au public. L’Etat rachète le château en 1930. Le monument fût classé Monument Historique en 1840, et reconnu patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981. L’Etat a décidé dans ses campagnes de restaurations de restituer le château dans un état aussi proche que possible de la Renaissance. Les mansardes de Louis XIV, placées au-dessus de l’enceinte fortifiée sont détruites afin de redonner un aspect tel que nous le connaissons aujourd’hui.

In Situ ! Plusieurs visites sont possibles à Chambord afin d’apprécier l’architecture et les techniques de constructions inimaginables de ce palais. Nous avons choisis la visite approfondie de 3h, où certaines portes nous sont ouvertes. Chose interdite lors d’une visite classique d’1h. Nous partîmes donc du sol pour aller le plus haut possible, dans la tourelle centrale, quasiment à la même hauteur que la gigantesque fleur de lys sculptée qui trône au sommet du château. Depuis la cour du château, nous apprécions les volumes du château, et plus particulièrement le donjon, qui présente 4 faces quasi-identiques. Des loggias, des pilastres, des baies, des corniches permettent de comprendre la présence de cinq grands niveaux principaux. Je ne compte pas les demi-niveaux. A l’intérieur du donjon, un gigantesque escalier à double vis dessert alors les différents niveaux de ce château. Nous trouvons l’emblème de François Ier absolument partout, ici ou là, sculpté sur les plafonds à caissons, sur les rambardes, corniches ou autres escaliers : la salamandre de feu et la salamandre d’eau nous surveillent en permanence. Crachant eau et flammes, nous sommes avertis de la puissance du maître des lieux.

A l’assaut des terrasses et tours. Nous montons encore d’un niveau, et nous arrivons alors sous la toiture, là où trône la charpente. Véritable colonne vertébrale de ce palais royal, magnifique de part ses dimensions, elle permet de mieux nous rendre compte du presque impossible ouvrage que François Ier a voulu ici, sur des terres quasi-marécageuses. Tant d’arbres ont été abattus pour pouvoir supporter ces tours, cette toiture et les fioritures qui décorent les extérieures. Tout simplement magique ! Au sommet de chaque petite tourelle, nous apercevons alors des coquilles style Saint-Jacques. Détrompez-vous, ce n’est en aucun cas un stigmate des pèlerinages de Saint-Jacques de Compostelle. Loin de là. Ici, c’est une référence à l’antiquité, comme la Renaissance aimait tant en faire. Ici, la coquille rappelle alors la naissance de Vénus, née dans une coquille. (comme le célèbre tableau de Botticelli). Des ardoises de formes géométriques sont également incrustées dans l’architecture, histoire de rompre avec la pierre. Sur les terrasses du château, une vue imprenable attend le visiteur. Ici, une vue panoramique permet de comprendre l’environnement dans lequel le château s’inscrit. Dans un écrin de verdure, le parc de Chambord révèle ici son immensité. Le point d’orgue de la visite reste l’ascension de la tour centrale. Nous nous trouvons ici juste en dessous de la grande fleur de lys sculptée. Des vitraux d’une intensité de couleurs nous attendent. Juste émouvant et sensationnel pour terminer une visite inoubliable que nous recommandons à tout à chacun. On ne voit pas le temps passé et on en redemanderait presque.

La plus haute marche du château, les vitraux cachés du château au sommet du lanternon central.

Un voyage au sommet de l’art de la Renaissance qui nous a permis de marcher sur les toits de Chambord. Tout cela en empruntant des escaliers de services, en passant par des salles et salons privés, en s’extirpant du dédale de charpente. Quelque chose de merveilleux se dégage, une visite presque prodigieuse et sensationnelle.

Johnatan Savarit

Plus d’infos ! http://chambord.org/

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