Flashez pour la Maison européenne de la Photographie

Image après image, le musée expose ses photos :

Depuis 1985, le visiteur est invité à parcourir le dédale du musée afin de découvrir, placardées sur les murs, des dizaines voire des centaines de photographies. Dans sa dernière configuration de 1996, le musée propose à la fois différents espaces d’expositions, une bibliothèque, un auditorium et un espace de convivialité. Depuis quelques années, le musée s’est ouvert à l’international, affichant des artistes venus des quatre coins du monde. Le but étant toujours de provoquer des émotions auprès des publics accueillis.

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Comme disait Ansel Adams :

« Il ne s’agit pas de transmettre une vision, mais de toucher les gens à travers une image. »

Nous avons poussé les portes de cette institution en janvier 2020. Amateurs de photographies, nous avons voulu savoir ce que ce musée avait dans le ventre. Au travers des différentes salles labyrinthiques, nous avons été conquis par la qualité et la vision des photographes présentés. Hors des sentiers battus et des grands musées parisiens, nous n’avons pas été bousculé par les foules, ce qui est très agréable.

Comme disait Laurent Baheux :

« Réussir une photo, ce n’est pas seulement capture une fleur, un lieu, une scène de vie. C’est aussi et surtout déclencher une émotion auprès de ceux qui s’arrêteront sur cette photo… »

Autant vous dire que l’émotion a été au rendez-vous.

Dans l’oeil du photographe :

Dans ce vrai dédale, deux artistes ont retenu notre attention : Ursula Schulz-Dornburg et Tommaso protti.

L’artiste Ursula Schulz-Dornburg s’expose au travers de trois séries de photographies, l’une présentant son travail qu’elle a réalisé en Irak, Syrie, le long de la frontière entre la Géorgie et l’Azerbaïdjan, montrant par son objectif, mettant en relief le rapport entre l’architecture et l’impact de l’Homme sur son environnement ; la deuxième série intitulée « Opytnoe Pole et Chagal » pointant du doigt les anciens empires et leurs chutes présentant ici d’anciens sites d’essais nucléaires de l’Union Soviétique.  

La troisième série intitulée « Transit Sites » propose une vision des infrastructures créées par l’Homme pour relier les villes entres-elles. Au total, plus de 250 clichés offerts à la vue du visiteur, clichés réalisés entre les années 1980 et 2012.

Comme disait Roberto Badin :

«  Ce qui me fascine, c’est l’image comme un morceau de réalité. »

Cela pourrait être l’introduction de l’exposition de Tommaso Protti. Courant 2019, ce photojournaliste, avec l’aide du journaliste britannique Sam Cowie, a réalisé un reportage à travers toute l’Amazonie brésilienne. Présentant ainsi la réalité de la pauvreté, de la destruction inexorable de la forêt vierge et de la dure réalité des régions de Maranhäo, de Rondônia et des Etats du Para et de l’Amazonas.

Selon Tommaso Protti :

« Je souhaitais illustrer les transformations sociales en dénonçant le massacre et la destruction qui ont actuellement lieu dans la région. Ces différentes formes de violence sont les conséquences de changements au niveau du marché international et celles d’une augmentation exponentielle de la consommation à l’échelle mondiale, de la cocaïne à la viande de bœuf. Les scientifiques s’accordent à dire que la forêt est en passe d’atteindre un point de non-retour : la déforestation, alimentée par le commerce illégal du bois, l’accaparement des terres, l’expansion agricole, le développement de projets privés et étatiques et l’extraction de ressources en sont autant de causes. Je pense qu’il est important de sensibiliser le public sur ce sujet et de s’interroger sur ce qui est en train de se passer. »

Une série de photographies qui émeut – entre nostalgie, tristesse, mélancolie et souffrance. En effet, la présentation de ces photos permettent de mettre en lumière des moments sincères d’une réalité à 1000 lieues des nôtres. Laissez glisser votre œil sur les quelques clichés qui ont retenu mon attention parmi les dizaines placardées au mur.

1h30 passée à l’intérieur de ce musée n’aura presque pas suffit pour découvrir tous les espaces. Pour des amateurs de photographies, il faut alors compter 2h selon votre intérêt pour les clichés exposés. Une belle expérience qui aura le mérite de nous ouvrir les yeux sur une vision personnelle et subjective d’une réalité capturée par l’oeil du photographe.

Johnatan Savarit

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